NON ! La loi de 1973 n'a jamais interdit à l'Etat de se prêter de l'argent à lui même. C'est juste qu'il est interdit de se prêter ce que l'on a pas, ou plus, parce que les caisses sont vides, parce que l'on est en déficit constant depuis près de 40 ans. Ce mensonge, très répandu, notamment par des agitateurs d'extrême droite, puis plus récemment par certains d'extrême gauche, n'est que le fruit d'affabulateurs et de manipulateurs qui manient la langue de bois, et oublient juste quelques principes fondamentaux en économie...

 

LA LOI DE 1973 N'A JAMAIS INTERDIT QUI QUE CE SOIT A RACHETER DES DETTES DE L’ÉTAT.

 

Lorsque l'on se penche avec la véritable intention de comprendre le texte, sur la loi de 1973, on se rend compte que ceux qui brandissent cette loi oublient juste qu'elle comporte notamment des articles annexes fondamentaux.

Ainsi, les détracteurs les plus zélés, qui n'ont pour la plupart jamais pris la peine de lire le texte, indiquent que l'article 25 serait le mal absolu, responsable de notre endettement actuel.
Voyons donc ce qu'il en est :

Article 25 de la loi 73-7 du 3 janvier 1973 – LOI Rothschild

«Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l'escompte de la Banque de France».

Primo, un escompte, c'est avant tout la perception d'une somme d'argent sur une créance, par avance, c'est à dire avant son terme. Dit plus simplement. Je possède la dette de quelqu'un, et je la vend à un autre à l'escompte, c'est à dire avant le jour ou il s'est engagé à me la rembourser, comme à un banquier ou un autre créancier, moyennant une certaine rémunération. Ce dernier devient alors le nouveau détenteur de la créance, et c'est à lui que le créancier devra finaliser les remboursements. L'escompte est donc un sacrifice d'intérêts sur une dette au profit d'un nouveau débiteur qui reprend le risque pour lui moyennant rémunération.

Cet article nous indique donc qu'il n'est pas possible à l'Etat de revendre à la Banque de France une dette, contre rémunération. Pas plus qu'on ne peut le faire avec un quelconque créancier. Ceci, notoirement, afin d'éviter de vendre de la dette Française à des terroristes ou les ennemis de la France, sans même le savoir, les montages financier pouvant être parfaitement occultes. En rien, cet article n'interdit à l'Etat de s'endetter auprès de la même banque centrale. Il indique juste que la banque centrale ne peut pas racheter ou revendre une dette que l'Etat aurait dûment contracté, notamment pour des raisons de sécurité nationale.

Mais ce qui nous apporte un éclairage supplémentaire, c'est l'article 19 de la même loi :

"Les conditions dans lesquelles l'Etat peut obtenir de la Banque des avances et des prêts sont fixées par des Conventions passées entre le Ministre de l’Économie et des Finances et le Gouverneur, autorisé par délibération du Conseil général [de la Banque de France]. Ces Conventions doivent être approuvées par le Parlement."

Voilà qui est donc fort clair. A aucun moment la loi de 1973 n'interdit à l'Etat de se prêter de l'argent à lui même. Mais pour éviter les abus de pouvoir politiques, l'influence des seuls lobbys, c'est à la seule "Représentation Nationale" d'en décider. Alors pourquoi ne le font ils donc pas, et pourquoi empruntent ils leur argent sur les marchés plutôt qu'à eux même ?

 

QUELQUES NOTIONS ÉLÉMENTAIRES D’ÉCONOMIE SONT NÉCESSAIRE POUR EXPLIQUER POURQUOI ON S'ENDETTE SUR LES MARCHES ET NON AUPRÈS DE NOS BANQUES CENTRALES.

 

A/ LE RÔLE DE LA BANQUE CENTRALE.

 

Contrairement aux idées tronquées, abusées, mais malheureusement reçues, la banque de France n'a pas pour vocation de battre monnaie. Son rôle est avant tout :

  • D'assurer la balance des paiements interbancaires, soit les transferts effectifs de fonds d'un établissement à un autre.
  • D'assurer la stabilité internationale de la monnaie (Mission transférée à la BCE suite au passage à l'Euro).
  • Assurer le change pour les besoins nationaux et internationaux. (En partie confié à la BCE).
  • Sanctionner les mauvais payeurs (Interdictions bancaires).
  • Fixer les taux interbancaires, et les principaux taux de rémunération des produits financiers nationaux, comme les livrets.
  • Assurer la présence de la monnaie fiduciaire en quantité suffisante (Argent papier et monnaies).

Et c'est ce dernier point qui porte à confusion. Dans l'esprit des gens, puisque la banque de France "bat monnaie", soit imprime les billets. Qu'est ce qui l'empêcherait alors d'en imprimer en cas de besoin pour l'Etat central ?

 

B/ LA BANQUE CENTRALE NE CRÉE PAR LA MONNAIE, ELLE NE FAIT QUE L'IMPRIMER.

 

Encore une idée reçue, et qui a la vie dure. Les gens s’imaginent à tort que l'argent est de plus en plus virtuel. Au point que certains, comme Étienne CHOUARD, font croire que les banques créent virtuellement sur un ordinateur l'argent qu'elles vous prêtent. Or, et vous pouvez le faire vérifier auprès de n'importe lequel des banquiers de votre choix. Le moindre Euro qui vous est prêté existe bel et bien, à bien lui même souvent été emprunté à une banque d'affaire ou d'investissement avec un taux inférieur, il a seulement été "dématérialisé". La banque ne peut pas vous prêter, sous faute de sanctions pouvant aller jusqu’à la fermeture de l'établissement, de l'argent qu'elle n'a pas. Ce serait une escroquerie pure et simple, et il existe des mécanismes de contrôle très strictes pour que cela n'arrive jamais. Comme indiqué plus haut ici, ce sont les banques centrales qui effectuent les balances des paiements. Soit que lorsqu'un transfert est effectué de banque à banque, l'origine des fonds est contre balancée avec le solde de chaque banque. Et il doit impérativement correspondre, faute de quoi, il sera tout simplement rejeté. La fraude n'est donc tout simplement pas possible. Ce qui sort de A ne peut aller vers B que si A à retiré de ses lignes de compte la somme déversée, et si B à bien ajouté cette somme à son actif circulant.

Il existe donc deux types de monnaies. La monnaie scripturale, qui est dématérialisée. Et la monnaie fiduciaire, qui est imprimée en quantité suffisante pour permettre le commerce de proximité et les échanges de petits montants. La banque de France ne fait que mettre en circulation, et à la demande des banques, via un compte spécial (comptes d'espèces) la monnaie fiduciaire. Quand la monnaie est physiquement imprimée, elle est alors retirée des comptes de la banque. Il n'est donc pas possible d'en imprimer si cette monnaie n'existe pas au préalable sous forme d'ecriture comptable. Et dans ce cas précis, c'est la banque de France qui s'assure de la validité de la monnaie scripturale, quand la banque centrale ne fait qu'autoriser ou non l'impression de monnaie, fixe les taux ou les volumes.

De la même manière qu'une banque ne peut pas prêter ce qu'elle n'a pas, une banque centrâle ne peut échapper à cette même règle. Ainsi, rien n'interdit à la banque centrâle de preter de l'argent à l'Etat, sauf que les caisses sont vides, et qu'elle en est incapable. C'est pour cette raison qu'elle est contrainte de se tourner vers un autre moyen d'emprunt, ce pourquoi la France fait autant appel aux marchés...

 

C/ CONFUSION SUR LE TERME DE CRÉATION MONÉTAIRE.

 

Lorsque l'on parle de création monétaire, il y a de fortes probabilités que quelqu'un qui n'est ni banquier, ni comptable, n'en comprennent ni la signification, ni le sens. Par définition, la création monétaire n'est que le fruit du seul prêt, soit des taux d'intérêts. Il concentre a lui seul toute la valeur ajoutée en bout de chaine. Il est donc essentiel de comprendre ce qu'est la valeur ajoutée pour le quidam. La valeur ajoutée, c'est le fruit de votre travail de transformation d'un bien ou d'un service. La farine qui devient pain, ou le service qui nécessite une qualification particulière, sont autant de "valeurs ajoutées". La TVA ne manque du reste pas de vous en prélever une partie, à chaque étape de son évolution. Ainsi, le minier qui extrait le fer, le transforme en barre de fer, qui le transmet à une autre entreprise pour qu'il le transforme en acier, qui le transmet à une autre entreprise pour qu'elle fabrique des châssis de voiture, et qui le vend finalement sous forme de voiture au consommateur final. La somme des valeurs ajoutées, forment ce que l'on appelle plus communément le PIB ou "produit intérieur brut". Il est très loin du chiffre d'affaire en lui même, qui ne représente que la valeur brute intrinsèque des produits et services vendus, et non le bénéfice net de la vente, c'est à dire moins les charges qui ont permises la création de cette valeur ajoutée.

Ainsi, lorsque votre travail permet d'ajouter de la valeur à un bien, et dans le cas ou l'activité est dite "rentable", alors il y a création de valeur ajoutée. Cette seule valeur ajoutée est la source de la création monétaire, qui si elle dépasse le produit intérieur brut de l'année précédente, moins la fiscalité, ce qui aboutit alors à la "croissance", et donc à la "création monétaire". Cette "croissance", est donc captée par le banquier, qui, en vous prêtant 10 euros, espère, avec un intérêt de 10%, en récolter 11. C'est lui qui prend le risque de perdre 10 euros en cas de faillite ou d'impayé, et il est donc normal qu'il perçoivent un intérêt pour celà, c'est l'essentiel de son travail. C'est aussi le cas pour un État, qui s'il ne veut pas voir la valeur de sa monnaie baisser, soit sa capacité à acheter à un bon prix une matière première essentielle à sa production de valeur ajoutée, doit veiller à ce que sa monnaie reste forte. Or, et dès qu'il divise d'autant la valeur de sa monnaie en emmetant de la monnaie qui n'existe pas, il la divise d'autant. On dit alors qu'il la "dévalue". Cette valeur n'étant liée à aucune création de richesse ne trompe personne, et est même une pure escroquerie, si elle ne sert pas à stabiliser la monnaie sur un marché monétaire concurentiel. La raison est que s'il y a dévaluation de la monnaie, tout ceux qui auront investit dans votre monnaie verront sa valeur, c'est à dire leur pouvoir d'achat, divisé d'autant. Et nous pourrons alors affirmer qu'ils auront été spoliés par cette dévaluation. On voit ainsi que les prix des matières premières peuvent augmenter alors mécaniquement pour compenser ces pertes de valeur. Et oui, les matières premières servent à fabriquer les produits finis, elle coute plus cher, il faut donc augmenter les prix pour continuer à être rentable, c'est ce que l'on appelle l'inflation. Le vendeur n'est pas dupe longtemps, il se rend vite compte de la manipulation, et il augmente alors ses prix, même en cas de secteur concurrentiel. C'est pour cette raison, spéculation mise à part, que le prix du pétrôle augmente. Les USA faisant de la planche à billet ouvertement, ce qui est une spoliation claire pour tout ceux qui sont payés en dollar, font que les pays producteurs, qui sont eux-même payés en dollar pour leurs matières premières, augmentent leurs prix. Il faut en moyenne une à deux années pour que cela finisse par se ressentir dans l'économie réelle, concurrence oblige. Mais le résultat de la planche à billet est toujours une inflation. On ne peut pas créer artificiellement une valeur qui n'existe pas. La monnaie n'est que la traduction de cette valeur. En imprimer plus qu'il n'en existe ne permet pas d'acheter durablement davantage, et conduit à une inflation certaine des prix finaux par simple compensation.

 

LA REPUBLIQUE DE WEIMAR, CONSEQUENCE DE LA PLANCHE A BILLET

Wikipédia : La République de Weimar

Faire de la "planche à billet", c'est à dire emmettre de l'argent que l'on n'a pas, pour un Etat, consiste clairement à dévaluer sa monnaie. Pourquoi ? Tout simplement parce que le billet n'est rien d'autre que la traduction fiduciaire d'une valeur intrinsèque. Si vous imprimez, mettons le double d'argent que vous n'en avez effectivement en valeur, alors vous divisez par deux, c'est à dire d'autant, la valeur de votre billet. Pire. Non seulement vous spoliez tout ceux qui possèdent de votre monnaie en stock (pays étrangers que vous payez avec), car leur pouvoir d'achat est d'autant diminué. Mais vous créez une inflation, voire une hyperinflation artificielle, qui n'a aucune raison d'être, qui n'aurait aucun sens.

Ainsi, et s'il arrive parfois aux banques centrales de le faire, cela doit rester tout à fait exceptionnel, dans le seul but de stabiliser la monnaie vis à vis d'une autre, et non pour payer ses dettes avec. C'est là qu'est toute l'escroquerie des théseux sur la loi de 73, qui visiblement n'y comprennent pas grand chose à l'économie, et encore moins au droit.

 

EN CONCLUSION :

 Si les États n'impriment pas de la monnaie fictive pour renflouer leurs dettes, c'est avant tout parce que des mécanismes démocratiques veillent à ce que cela ne soit jamais le cas. Imaginez seulement une seconde que François HOLLANDe, pour payer ses dettes, décide d'imprimer unilatéralement de l'argent qui n'existe pas pour rembourser ses dettes. Et vu que lui seul à le pouvoir, bien entendu, il ne favorisera que lui même et ses seuls amis. Vous crpyez que c'est décement possible dans une démocratie ?

La loi de 73, entre autres, est la parfaite expression de cette contrainte, et notamment, la réflexion de John Maynard Keynes, souteneur de la non indexation de la monnaie avec l'or via les accords de Bretton Woods. En dévaluant la monnaie, c'est à dire en imprimant de la monnaie qui n'existe pas (imprimer un billet de 10 supplémentaire ne fait pas 20 de valeur, tout le monde peut le comprendre), on vole ainsi le contribuable et le citoyen créancier, l'épargnant qui voit son épargne perdre en valeur, et l'on crée une inflation de fait. La bourse n'est actuellement plus que cela. Les tonnes de billets imprimés par la FED et la BOJ, voire de la BCE, pour renflouer les dettes des États, sont maintenant hors de tout contrôle. S'ils arrêtent, le système s’effondrera aussi surement que la dette progresse inexorablement, et ce, à cause de ses intérêts courants. Le fond du problème est donc que lorsque l'on vit au dessus de ses moyens, et que l'on ne fait rien pour que cela change, on s'appauvrit. Celui qui rembourse ses dettes s'enrichit. Celui qui les accumule s'appauvrit. Et quand c'est un État qui le fait, c'est toute sa population qui au bout du compte, finit par en payer les conséquences...

Ce que vous devez comprendre, c'est toute la corruption généralisée qui ronge ce pays. Depuis 1981, et bien avant cela, les Etats ne pouvaient pas s'endetter au dela de leurs moyens. Puis, un Président socialiste à lancé la mode, soutenu par d'autres qui rêvaient de mettre la main sur le pouvoir politique, c'est à dire les riches. C'est par le biais des banquiers et des riches qu'est donc venue la spirale de l'endettement globalisé. Ne vous y trompez pas. Si le banquier à obtenu un tel pouvoir, il n'est pas moins prisonnier que le politique. Tout l'argent qu'il est contraint de mettre dans les dettes d'Etat, c'est autant d'argent qu'il ne peut investir dans l'économie réelle. L'Etat est aussi dépendant que le banquier l'un de l'autre. C'est une sorte de spirale infernale ou la chutte de l'un entrainera immédiatement celle de l'autre...

Pour un particulier, l'endettement maximal autorisé pour éviter le surrendettement est de 33%. Au delà, tout le monde sait qu'il est très difficile, voire impossible, de rembourser ses dettes. Or, nous avons passé ce CAP en 1988 pour la France. Ce ne sont pas les citoyens, mais des politiques, qui au nom du peuple, et sans jamais leur demander leur avis, ont accumulé ces dettes. Nous savons que notre endettement est critique que depuis 1995, date à laquelle Mitterrand passe la main, pendant la campage présidentielle, ou cette question fut évoquée. Les politiques nous ont donc clairement caché cela pendant au moins 15 années. Et c'était bien sous une présidence socialiste. Avant, le sujet de la dette n'était qu'une information banale, même si sous Giscard D'Estaing, le problème de la dette fût largement évoqué lors de la crise pétrolière des années 70. Entre 1981, date à laquelle Mitterand fut élu, et 1995, date à laquelle il cède son trône, la dette de la France est tout simplement passée de 110,1 milliards, à 663,5 milliards. Belle performance, n'est ce pas ?


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